L’investissement en bourse nécessite une bonne maîtrise du domaine. Avant de vous lancer, il est important de connaître les bases du trading ainsi que les produits sur lesquels vous pouvez investir. Parmi les produits fortement prisés actuellement, il y a les options et les warrants. Très similaires, beaucoup ont tendance à les confondre. Si vous débutez dans ce type d’investissement, ou que vous faites partie de ceux qui confondent encore ces produits financiers, cet article est celui qu’il vous faut. Cherchons à comprendre ensemble la différence entre une option et un warrant, les différentes manières d’acquérir des produits financiers, ce que l’on entend par dilution d’un warrant ou d’une option, les éventuels risques d’un tel investissement et sa fiscalité.

Quelle est la différence entre une option et un warrant ?

Le warrant et l’option sont deux produits financiers qui présentent de nombreuses similitudes. Toutefois, ils sont très différents sur plusieurs points, notamment au regard de l’émetteur, de la maturité des produits mais aussi de la dilution. 

Avant toute chose, il faut comprendre que le warrant est un instrument financier qui fonctionne comme un produit dérivé. Cela signifie que sa valeur se détermine en fonction de celle d’un actif sous-jacent qui peut être des matières premières, des indices, des actions, des devises…  Investir dans un warrant vous permet donc d’acheter et/ou de vendre un actif à un prix déterminé et à une date prédéfinie. Vous pouvez alors spéculer sur la hausse ou la baisse du coût de l’actif principal.

Concernant les différences, le warrant est un produit financier qui a été créé et émis par un établissement financier. Les options sont, en revanche, des contrats créés et négociés sur un marché. Cette négociation de l’option est réalisée entre plusieurs investisseurs sur le marché via une chambre de compensation qui sert d’intermédiaire. Une chambre de compensation est un organisme financier qui a pour rôle de garantir la livraison et le règlement des transactions. Autrement dit, elle sert d’intermédiaire entre l’acheteur et le vendeur. Le marché primaire est destiné aux négociations relatives aux warrants émis par une société. Ces négociations de warrants s’effectuent directement entre la société émettrice et l’acquéreur.

Il faut aussi comprendre que pour les warrants, les sociétés émettrices ont pour but de collecter des fonds. Ce qui n’est pas le cas pour les options puisque la société propriétaire des actions ne perçoit pas d’argent lors de leurs transactions. Sinon, l’autre différence est que le warrant présente moins de fonctionnalités standardisées comparé aux options : le nombre d’actions, les délais d’expiration, le prix d’exercice… En effet, la quotité reste généralement à 100 actions par contrat pour les options. Pour le warrant, ce n’est pas le cas.

Le rapport à l’échéance est également un point qui permet de différencier le warrant de l’option. Il s’agit ici de comparer la période de maturité entre ces deux produits financiers. Par exemple, le warrant dispose d’une période de maturité plus longue que l’option, comprise entre 2 et 5 ans. Pour l’option, cette période de maturité ne dure que quelques semaines, quelques mois ou tout au plus, 2 ans. Cette période de maturité impacte énormément sur la liquidité des deux produits financiers. Pour l’option, celle-ci est plus difficile car le manque d’investisseurs disposer à négocier rend difficile les échanges. Pour le warrant, la liquidité est uniquement assurée par l’émetteur. Donc, aucun souci à se faire.

Ensuite, il y a le rapport à la dilution. Il s’agit de l’opération de bourse consistant à augmenter le capital d’une société, c’est-à-dire une augmentation des actions détenues par celle-ci. Ce sont les warrants qui entraînent le plus souvent une dilution. L’option n’implique généralement pas de nouvelles émissions.

Et enfin, il y a la tarification différente entre le warrant et l’option. Celle-ci est également conditionnée par cette dilution. Pour en savoir davantage sur le sujet, il est vivement conseillé de s’adresser à un expert avant d’investir dans ces deux produits financiers. Cela vous évitera de courir des risques inutilement.

Comment faire l’acquisition de ces 2 produits financiers ?

Pour acquérir des warrants ou des options, il faut se rendre sur des plateformes de négociation électronique qui sont gérées par des entreprises du marché. Ces plateformes restent accessibles à tous les investisseurs particuliers grâce à un intermédiaire financier classique comme une banque, un courtier… Il existe ainsi deux types de marché pour acquérir les options et les warrants :

  • Les marchés réglementés
  • Les marchés de gré à gré

Plusieurs actions différentes sont ainsi disponibles pour constituer votre investissement en bourse. Elles sont disponibles sur des marchés réglementés qui proposent à la cotation plusieurs sortes d’options sur action ou « call et put ». Diverses échéances et prix d’exercice y sont ainsi proposés. Il vous suffit de trouver ceux qui correspondent au mieux à vos objectifs d’investissement.

Les plateformes de négociation électroniques présentent de nombreux avantages comme le fait de suivre, en temps réel, l’évolution de la valorisation des options et des warrants au cours de la journée. En fin de journée, un tableau récapitulatif de la valeur de compensation est établi et mis à disposition de tous les investisseurs. Cela signifie que la négociation des contrats reste permanente et vous pouvez vendre/acheter à tout moment. En même temps, les marchés réglementés vous permettent de bénéficier de 2 principaux autres avantages : suivi de la bonne exécution de l’ordre et vérification de la procédure appliquée par la bourse ; et garantie du bon dénouement des transactions via la chambre de compensation. Vous profitez également des couvertures qui constituent une sécurité financière pour toutes vos opérations de trading.

Pour le marché de gré à gré, ce sont les établissements financiers qui proposent des services de cotation d’options/warrants de gré à gré. Ces établissements peuvent parler en leurs propres noms ou en se regroupant au travers d’une filiale spécialisée. L’avantage du marché de gré à gré est que les offres sont réalisées en sur-mesure. Les investisseurs bénéficient alors de produits plus sophistiqués. Le seul inconvénient est qu’ils ne bénéficient de la sécurité financière proposée par les marchés réglementés.

Si vous hésitez à trouver la bonne personne à qui s’adresser pour acquérir ces deux produits financiers, voici quelques conseils :

  • Adressez-vous en priorité à un intermédiaire spécialisé : banque, entreprise d’investissement, courtier en ligne…
  • Trouvez des conseils auprès de cet expert, recherchez une personne/société qui dispose des compétences utiles pour une intervention efficace, et dans les meilleures conditions, sur le marché des options
  • Vérifiez les frais de transaction. Assurez-vous que votre intermédiaire financier ne propose pas des commissions de négociation hors normes.

Une fois que vous avez décidé du marché sur lequel acquérir vos options ou vos warrants, il ne vous reste plus qu’à passer le bon ordre. En effet, pour acheter/vendre des warrants et des options, vous devez transmettre un ordre de bourse à votre intermédiaire financier. Pour ce faire, plusieurs précisions sont à fournir. Le rôle de votre intermédiaire financier sera alors d’envoyer votre ordre à un établissement négociateur. Ce dernier le présentera alors sur un marché réglementé. Quand l’ordre est exécuté, vous recevez un « avis d’opéré ». Ce document rassemble alors toutes les informations concernant l’exécution de votre ordre. Il est important de garder ce document précieusement.

Quand cette étape sera terminée, votre portefeuille sera débité de la somme due et les nouvelles options y figureront. C’est ce qui se passe quand vous êtes acheteur. En revanche, si vous êtes vendeur, votre portefeuille sera crédité de cette somme.

Qu’entend-on par dilution d’un warrant ou d’une option ?

Comme déjà mentionné plus haut, un warrant et une option sont des produits financiers qui donnent à leur détenteur le droit, mais pas l’obligation d’acheter une action ordinaire, directement auprès de la société (pour le warrant), à un prix fixe pendant une période prédéfinie. Et la différence entre ces deux produits financiers se manifeste au regard de l’émetteur, de la maturité et de la dilution.

La dilution concerne principalement les warrants car lorsqu’un warrant est exercé, l’entreprise est tenue d’émettre de nouvelles actions. Ce qui n’est pas le cas lorsqu’une option d’achat est exercée. En effet, une option d’achat n’implique pas cette émission de nouvelles actions. Elle reste un instrument dérivé d’une action ordinaire déjà existante dans l’entreprise.

Cet effet de dilution impacte énormément sur le prix d’un warrant. Dans ce cas, on appelle la dilution, le « Gearing ». Il s’agit alors du rapport entre le prix des warrants et le prix des actions. Le gearing représente alors l’effet de levier offert par le warrant. On peut ainsi affirmer que le gearing influence, à la hausse ou à la baisse, la valeur du warrant.

Pour l’option, cette dilution n’existant pas, les seuls facteurs influençant sur son prix sont :

  • Le cours de l’action sous-jacente
  • Le prix d’exercice ou strike price
  • Le temps avant l’expiration
  • La volatilité
  • Le taux d’intérêt sans risque

Par cours de l’action sous-jacente, on parle évidemment de l’augmentation du prix d’une option lorsque le cours de l’action sous-jacente diminue. Il faut aussi tenir compte du prix d’exercice ou « strike price » lorsqu’il s’agit de déterminer le prix ou la prime d’une option. Cela signifie simplement que si le prix de l’exercice est bas, le prix de l’option sera élevé parce les investisseurs paient davantage pour avoir le droit d’acheter un actif proposé à un prix inférieur au cours de son sous-jacent.

Toujours en ce qui concerne les prix des options, il faut savoir que le prix est plus élevé quand le temps avant l’expiration est plus loin. Et plus la volatilité est élevée, plus la probabilité d’une meilleure rentabilité de l’option est meilleure. Et enfin, si le taux d’intérêt sans risque est haut, le prix de l’option le sera également.

Acheter ces produits financiers est-il risqué ?

Les produits en bourse présentent tous des risques. C’est le niveau de ces risques qui diffère. Et plus précisément, les produits dérivés comme les options et les warrants sont plus sophistiqués et nécessitent donc plus de vigilance. En effet, investir en bourse n’est pas uniquement acheter et vendre des actions ou des OPCVM. L’avantage même d’un investissement en bourse réside dans ces produits ultra-complexes qui proposent un fort effet de levier, et donc un maximum de gains, mais aussi de pertes.

En effet, les warrants, les options, les CFDs, les futures ou encore les turbos sont des produits dérivés hautement spéculatifs. Ils sont donc très risqués. Si vous ne souhaitez pas exposer votre épargne à des risques, il est préférable de ne pas choisir un investissement dans les warrants ou les options. En effet, ces produits dérivés très spéculatifs ne sont pas conseillés aux épargnants/investisseurs qui ne maîtrisent pas encore les marchés financiers.

Les risques, ce sont surtout la perte en capital et l’absence de gains. Pour éviter ce genre de désagréments, il est recommandé de toujours passer par des brokers agréés par l’AMF et enregistrés sur le registre des agents financiers REGAFI. Il est aussi préférable de connaître les stratégies de base pour trader sur ces produits financiers. Ce sont les seules manières de minimiser les risques de perte d’argent.

Quelle est la fiscalité des options et des warrants ?

En termes de fiscalité, les warrants sont des « valeurs mobilières ». Celles-ci sont créées par un émetteur ou un établissement financier, puis proposées à la vente aux investisseurs. De l’autre côté, les options sont des « contrats » créés par une entreprise de marché (marché réglementé) ou des établissements financiers (marché de gré à gré). Les warrants sont figurés sur un même compte-titre que les actions alors que les options bénéficient d’un compte distinct.

Les gains que vous réalisez avec votre investissement boursier sont soumis aux impôts. Dans la pratique, vous êtes face à une perte ou un gain dans les situations suivantes :

  • La clôture de votre position, c’est-à-dire le rachat ou la revente de l’option, vous génère une perte ou un profit qui soit égal à la différence entre la prime reçue et la prime payée.
  • L’exercice de l’option génère un profit ou une perte égale à la différence entre le prix de l’exercice et le cours de l’actif sous-jacent minorée des primes versées, ou encore majorée des primes encaissées.
  • L’abandon de l’option génère également un profit ou une perte.

Toutes les pertes et les gains réalisés au cours de votre investissement boursier sont imposables. Il faut obligatoirement les déclarer sur l’imprimé 2074 qui se trouve dans votre déclaration d’impôts. Sachez que les frais supportés et les taxes sont également déductibles. Deux situations peuvent se présenter :

  • En cas de profit : taux d’imposition de 34,50% dès le 1er euro. Cela signifie un taux de 19% + prélèvements sociaux à 13,50%.
  • En cas de perte : aucune imputation sur le revenu global de l’investisseur, mais une éventuelle compensation des plus-values mobilières réalisées sur les valeurs mobilières éligibles est possible sur le régime des plus-values sur les valeurs mobilières. Si au final, il n’y a pas de plus-values, la moins-value sera alors mentionnée sur la déclaration 2074. Elle sera également imputée sur les plus-values des 10 années suivantes.

Dans certains cas, l’administration fiscale peut vous considérer comme un opérateur habituel ou professionnel, et non plus un opérateur occasionnel. Cette nouvelle considération engendre un nouveau traitement fiscal. Cette considération sera alors effectuée en fonction de la nature, de la technicité, du nombre et de l’échelonnement de vos opérations boursières. Elle sera également réalisée selon la diversité des contrats souscrits, des profits réalisés et de l’importance de votre portefeuille. Si vous entrez dans cette catégorie, il est important de connaître les mesures fiscales qui vous concernent. Pour ce faire, il est préférable de contacter votre conseiller fiscal ou financier habituel. Cet expert pourra alors analyser votre situation de façon précise et vous recommander les bonnes décisions à prendre.

Le saviez-vous ?

Pour les entreprises, les warrants constituent des solutions intéressantes pour rémunérer leurs employés. En effet les warrants sont soumis à une imposition bien plus faible que les bonus traditionnels. Cela peut donc être un moyen de récompenser ses salariés à moindre coût !